jeudi 14 novembre 2013

#129 bis



Il a donc suffi de quelques heures à peine pour désamorcer les bombes que vous vous apprêtiez à jeter. Votre corps a cessé de bouillir, il n'est plus qu'un frisson continu. Comme si la lave gelée de votre colère avait jailli d'un glacier. Il a suffi de quelques heures pour que votre rage de guerrier s'épuise d'elle-même. Et pourtant, vous ne pouvez plus renoncer à vous battre, sous peine de perdre la face à nouveau...

Que de défaites amères, que de lâcheté face à l'adversité! 

À peine avez-vous dégagé les débris de la guerre précédente qu'une nouvelle éclate au pas de votre porte. Au premier coup de feu, vous vous sentez toujours assez courageux pour vous jeter au front. Et puis très vite, vous commencez à trembler. Tous les prétextes sont soudain bons à prendre pour vous échapper. Vous n'avez déjà plus la force de vous battre sachant à l'avance les ruines que cette bataille va engendrer. De fatigue vous déposez les armes alors que madame T., elle, est fin prête à vous faire regretter les mots d'où ce conflit est né, ces mots de trop que vous n'assumez plus...

Et ne reste plus qu'a prier un dieu auquel vous ne croyez pas pour espérer un peu de clémence.
Ainsi, vous avancez vers l'ennemie, à tout petit pas, déjà blessé à l'idée même de recevoir le prochain coup. Puis dans un élan désespéré, perdu au beau milieu du champ de votre perte, vous tirez à l'aveugle les munitions qui restent dans le chargeur de votre parole hébétée, espérant toucher juste, juste assez pour rétablir, ne serait-ce qu'un instant, la paix.




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