mardi 12 novembre 2013

#126




— Qui est là ?
— C'est moi.
— Qui moi ?
— Monsieur M.
— Et alors ! Cette initiale vous donne-t-elle le droit de m'interpeller de la sorte sans même au préalable frapper à ma porte, vous présenter ?
— Veuillez m'excuser. Je pensais que vous me reconnaitriez.
— Ne soyez pas si sûr de votre notoriété. Ne vous donnez pas plus d'importance que vous n'en avez. Vous n'êtes rien. Rien du tout, vous entendez ?!
— ...
— Maintenant que vous êtes ici, dîtes au moins ce que vous étiez venu dire. Venant de vous je m'attends au pire mais enfin, comment l'éviter...
— Et bien... Comment dire... C'est que c'est un peu embarrassant...
— (soupir)
— Et bien depuis quelques jours, j'ai remarqué que vous ne vous adressiez plus à moi. Avant, il n'y a pas si longtemps, vous ne cessiez de me demander. Et puis soudain, sans raison, plus rien. J'ai honte de vous l'avouer mais je me sens abandonné. Trahi. Oui. Profondément trahi par votre lâcheté.
— Trahi ? Tiens donc ! Permettez-moi de vous demander quelque-chose...
— ...
— Vous ai-je un jour fait ne serait-ce que le début d'une promesse ?
— ...
— Vous ai-je un jour offert ne serait-ce qu'une miette de ma confiance ? 
— ...
— Et ma parole ? Vous l'ai-je un jour déjà donnée ?
— Votre parole non... Jamais. En revanche, c'est votre silence que vous m'avez confié. 
— ... Mon sil... Que... Conf... À qui... Vous... Mais... Mais... Mais pour qui vous prenez vous à la fin ?! Hein ! Pour qui ? Pour qui ?!
— Pour vous. Je me prends pour vous.







1 commentaire:

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

Vous maniez le silence à merveille …