dimanche 10 novembre 2013

#124






Ceux qui sont vieux dans le pays le plus tôt sont levés
à pousser le volet et regarder le ciel, la mer qui change de couleur
et les îles, disant: la journée sera belle si l'on en juge par cette aube

Aussitôt c'est le jour! et la tôle des toits s'allume dans la transe,et la rade est livrée au malaise et le ciel dans la verve, et le Conteur s'élance dans la veille!

La mer entre les îles est rose de luxure; son plaisir est matière à débattre, on l'a eu pour un lot de bracelets de cuivre!
Des enfants courent aux rivages! des chevaux courent aux rivages!...un million d'enfants portant leurs cils comme des ombrelles... et le nageur

a une jambe en eau tiède et l'autre pèse dans un courant frais, et les gomphrènes, les ramies,
l'acalyphe à fleurs vertes et ces piléas cespiteuses qui sont la barbe des vieux murs
s'affolent sur les toits, au rebord des gouttières,

car un vent, le plus frais de l'année, se lève, aux bassins d'îles qui bleuissent,
et déferlant jusqu'à ces cayes plates, nos maisons, coule au sein du vieillard
par le havre de toile jusqu'au lieu plein de crin entre les deux mamelles.

Et la journée est entamée, le monde
n'est pas si vieux que soudain il n'ait ri...

C'est alors que l'odeur du café remonte l'escalier.





1 commentaire:

rosaturca a dit…

Grazie per la scoperta di Sainte-John Perse nella notturna bellezza del suo blog.

rosaturca