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#615

  J’ai connu un garçon bègue qui, à peine passé le portail, se précipitait vers moi pour me saluer. Avant même d’aller serrer la main du propriétaire des lieux, il venait me caresser l’écorce et disait «— tttttuu tu  vvvvvvas bbbien m.. m… mon ami ?». C’est d’abord à moi à qui il faisait signe ! À moi qu’il réservait ses premiers mots ! Un jour, il avait dû me parler pour faire l’interessant, et puis à force, il y avait pris goût. C’était devenu une habitude. Il ne me disait pas grand chose — le bègue craignait de parler à voix haute — mais pas une fois où il a manqué d’échanger quelques mots avec moi. Il y avait pourtant bien d’autres arbres autour, mais j’étais le seul qui retenait son attention, peut-être parce qu’il savait que j’étais le plus âgé et que ça me donnait à ses yeux de la prestance, de l’intérêt. Peut-être aussi parce-que j’étais au centre du jardin, face à la ferme. Mais surtout grâce aux couleurs, à la texture de mon écorce qui l’attirait, comme certains tableaux pein

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