mercredi 7 juin 2017

#524


assis tous les jours au même endroit, derrière la même vitre, devant la même vue. Relis jusqu’à l’ennui et écris mille versions de la même page. Jeté dans la ville comme on ouvre un livre au hasard. Jeté dans son flux. Ne cherche plus à la comprendre, laisse-la fuir sous tes doigts. Que ses mots te précédent. Que sa parole couvre ta voix. Derrière la vitre un flux de machines, de gestes, une posture familière qui attend sur sa chaise, et une ombrelle qui passe. Elle servira de parapluie à la prochaine averse. Son allure disparait de la scène. Rien ni personne dans l’objectif. La rue est vide, ses pavés ternes, quelques tags, deux arbres qui se font face depuis près d’un siècle. Et un générateur, un cerveau, celui de la ville devenue pensée dans ton crâne.