lundi 4 novembre 2013

#121


Quelques mots de Beckett en 1949 pour vous, rien que pour vous, Mr M. là où vous vous réfugiez... vous n'y échapperez pas

"...il faut dire les mots, tant qu’il y en a, il faut les dire, jusqu'à ce qu’ils me trouvent, jusqu’à ce qu’ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c’est peut-être déjà fait, ils m’ont peut-être déjà dit, ils m’ont peut-être porté jusqu’au seuil de mon histoire, devant la porte qui s’ouvre sur mon histoire, ça m’étonnerait, si elle ouvre ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer." 

Oui il faut donc les dire Mr M, les dire les mots, les dire seuls avec soi même, et pour les dire il vaut mieux les écrire car les paroles, elles... comme les nuages se promènent avec le vent... les paroles ne sont que du vent, du vent de ces mots parlés en vain... des paroles en l'air n'est ce pas?

Ainsi donc nous ne serons tous... que ces personnages de la galerie de nos personnages... à venir connus ou inconnus.

Ainsi cette fiction et sa vérité de fiction... et c'est cela, seulement cela qui compte en fin de compte, car elle nous fait penser et écrire notre solitude. Vous avez beaucoup de chance monsieur M., d'avoir pu vous éloigner de votre histoire et de ses lieux... il vous reste ainsi à inventer des histoires.




Ecrire ce n'est pas, ne doit pas être un acte sérieux (triste) mais c'est un acte grave d'une gravité, celle d'avoir à penser et ne pas mourir. Les mots quelque soient leurs sonorités et une fois écrits... n'ont plus de patrie.

L'apatride



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