mardi 30 avril 2013

#42


... Monsieur M. écoutez ! n'ayez pas la paresse de tendre l'oreille! relisez-vous et écoutez! écoutez bon sang!



... que dire, au fond, on ne se connaît pas, comment le nier, vos mots sont là ceux d'un homme que je n'ai jamais rencontré... sachez que vous n'êtes même plus un souvenir, même plus un visage, j'ai même oublié votre voix, comprenez ma stupeur., vous n'imaginez pas à quel point vous m'êtes devenu étranger...



... ce type là, celui qu'on prétend être, au fond qui est-il? un caméléon répondant à tous les titres? celui de mari aujourd'hui? celui de fils hier? celui de mort demain? avec le temps les rôles se font de plus en plus difficile à interpréter, en particulier devant les gens qui disent nous aimer... et puis arrive un âge où l'on est tout d'un coup fatigué d'être autant parlé par les autres... et puis ça ne marche plus, le masque a beau être le même, le visage ne rentre même plus dedans, vous en savez quelque-chose, n'est-ce pas ?

Votre voix, c'est à croire que je l'entends pour la première fois... elle semble ne même plus porter votre signature, votre nom... ici, disons les choses comme elles sont, le nom de chacun s'efface, disparaît dans l'anonymat, notre rencontre n'est plus que quelques lettres, deux initiales, deux dates sur une pierre discrète, sobre, sans épitaphe...
 
J'écris : 1997 - 2001


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