samedi 6 avril 2013

#18




Vous entrez.Vous ne dites rien.Vous n'osez pas vous expliquer sur les raisons de votre départ soudain la nuit dernière. Elle n'attend pas d'excuse, elle ne vous reproche rien. Elle semble vous attendre là, sur cette chaise vide, muette, ne laissant rien transparaître, pas même un regard dans lequel deviner ce qu'elle est bien venue vous demander...
 
Soudain, vous tentez vainement de répondre :

«— vous attendez que je vous parle de la nuit dernière, n'est-ce pas? Ne croyez pas que je suis revenu aujourd’hui pour m’expliquer. Ce n'est pas comme si j’avais quitté mon bureau par paresse sans même avoir pris la peine d’essayer.... vous étiez là, vous êtes témoin, vous seul savez que je ne mens pas! Je suis resté devant ma feuille blanche de longues heures, de longues heures de silences et d’ennuis difficiles...»

vous reprenez votre souffle... et puis vous ajoutez:
 
«— Alors quand le jour s'est levé, que le bruit des rues a recouvert le silence de la nuit, j’ai eu le sentiment qu’il était temps d’aller dormir un peu, et ce malgré le travail inaccompli... 
Je ne suis même plus surpris vous savez, ne rien commencer est devenu une habitude... ça va bientôt faire un an... un an de tentatives nulles... un an d'insomnies blanches et sèches... un an, devant la même feuille, à chercher les raisons de me faire subir de telles nuits... »






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