lundi 2 mars 2015

#274


au couchant eaux et montagnes
la barque au gré du vent sans fin
rivage d'interminables paysages
remonter le cours jusqu'à la source
arbres et nuages comme boussoles
au début un doute est-ce la bonne voie?
comment deviner que le courant tourne?
soudain la clairière tant attendue
la barque arrimée je prends ma canne
le coeur léger enchanté de rencontrer
quelques vieux moines quatre cinq ou six
tranquilles libres dans l'ombre des cyprès
voix haute contant aux forêts avant l'aube
poèmes et méditations de la nuit passée
aux enfants encore endormis partant garder tôt le bétail
aux bûcherons matinaux loin des affaires du monde
assis sur la natte commune sous le haut pin et l'encens
le parfum humide du torrent sur la tunique
et les rayons du jour sur la paroi rocheuse
venir une fois ici encore vais je m´égarer ?
demain monter plus haut vers le mont
adieu en sourire au monastère de la source
et ses fleurs de pêchers rouges à L'an t'ien

         le monastère perdu de la Porte en pierre à L'an t'ien


lire relire chaque matin sans cesse la voix obstinée d'un poème, toujours le même, et l'impression chaque fois neuve avec le café du matin que le chemin n'a jamais été emprunté...

l'apatride




1 commentaire:

annajouy a dit…

une très excellente façon d'allumer les vies qui attendent dans les mots