jeudi 17 octobre 2013

#114





… 15 567 807, 15 567 808, 15 567 809, 15 567 810...

Serait-ce le bruit des secondes comptées depuis son dernier courrier ?

Dans l'attente d'une réponse que je ne cesse bien malgré moi de guetter, 
je ne me fais plus d'illusion, 
non je ne vois aucun frère humain à l'horizon.

Son désir de répondre serait-il devenu, en l'espace de quelques mois, un devoir bien encombrant ?
aux mots dus avait-il écrit...

J'ai beau dire ne plus croire aux promesses, 
j'ouvre encore la boîte aux lettres réservée à ses courriers 
tombant sur son absence chaque nuit renouvelée.

Aveugle désir de croire en une adresse digne de confiance, disponible, libre de toute contrainte...

L'inconnu n'a certes aucun compte à me rendre.
Il peut sincèrement prétexter un voyage, une fuite, un emploi du temps surchargé.
Mais toute excuse est vaine face à la vérité écrite d'une parole donnée.

Ai-je été le seul à croire en cette correspondance, à son exigence, son masque de sincérité ?

Dans la bouche un silence aigre, 
celui d'avoir jeté en pâture ma confiance 
dans de longues et traîtres lettres.


J'écris : pensant à l'inconnu, monsieur M. a la gueule de bois.






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