mardi 7 mai 2013

#47


Écriture « numérique »?


Numérique de chair, de salive, de sperme et de sang.


Relire Anna Jouy, le joui-dire de sa langue, de sa nouvelle...



écoutez :



J’étais arbre, tronc de bois et d’écorce au feuillage touffu. Ma tête visitait la hauteur, s’élançait, s’enfuyait à la recherche de l’air et des limpidités.
Nœud dont les innombrables veinules bourgeonnent en bras et branches. Vigie à l’affût des oiseaux, à l’accueil des rapaces, des insectes et des rongeurs. Sous la force des eaux, toutes celles qui circulent en moi, je suintais des miellées odorantes, des coulées de sève au parfum boisé.
Elle se penchait pour en déraciner les eaux. Je me laissais faire tandis que les nerfs de mes pieds s’accrochaient aux falaises. Je bandais et dans cette posture plus que toute autre j’étais dépendant de la grâce des respirations vitales.
Alors terriblement fragile. A portée de ce que les mots ne peuvent dire et de ce qu’ils peuvent faire. Au centre de la langue.





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