mardi 4 juillet 2017

#528

407. La porte est déjà ouverte. Chambre plus accueillante que la précédente. Lumineuse. Hier elle a pleuré. Moi aussi. Nos retrouvailles sont chaudes comme nos larmes séchées. Toujours de la nervosité de sa part. Au début. J’ignore encore si c’est sa façon d’être nue qui la rend si vulnérable. Puis quand l’amour commence, et s’intensifie, elle est capable de lâcher, deux fois, un Fuck Me. Nous découvrons nos corps mutilés dans l’étreinte. Nous devenons plus sales. Nos ventres trempés sentent la sueur et le joui. Je découvre sur son dos un tatouage, une phrase disant qu’on ne peut compter que sur sa famille. Et plus je pénètre ses gémissements, plus la phrase bouge en moi, l’encre du mot family transpire. Je pense à l’histoire d’elle que je ne connais pas. Je l’imagine en famille. J’invente son visage d’enfant quand soudain elle gémit «my god». La nudité de son cri interrompt ma rêverie. Je suis à nouveau là, en elle, les mains sur ses hanches, nos sexes trempés, et malgré le plaisir qui vient, je doute de la véracité de nos chairs. Sommes-nous deux personnages de fiction échoués dans le monde réel ? Nous plaisantons derrière. On se regarde. S’embrasse. Se moque l’un de l’autre. Puis nos regards s’échappent un instant ailleurs dans la chambre. On redevient seul, chacun dans son coin pour quelques secondes, puis on cligne des yeux avant de se réveiller, et s’embrasser à nouveau. Dans le désir de le refaire. Malgré le temps qui manque. Nous parlons. Je lui mens. Puis nous partons comme des voleurs. Les gardes à l’entrée nous regarde partir en rigolant, et disent tout haut croyant que je ne comprends pas : « ils ont tout de même baisé deux heures et demie »

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