lundi 27 juillet 2015

#338


Lecture du livre des peurs primaires interrompue toutes les cinq minutes par des "— sale pute" hurlés avec haine. La voix d'une jeune femme en pleurs répond "— arrête, arrête !" Leurs cris remontent à ta fenêtre ouverte. Entre chaque peur, "— sale pute" "— arrête, arrête !". L'insulte rythme ta lecture. 2 heures 18. Bruit d'un moteur qui veut se faire discret. Tu paries avec toi-même que c'est la police. Des voisins se sont probablement plaints des cris incessants qui résonnent depuis une bonne heure. Mais ces messieurs sont en retard, comme toujours. L'hurleur de "sale pute" a eu mille fois le temps de cocarder cette pauvre femme. Envie de sortir sur le balcon pour apaiser ta curiosité. Apercevoir le visage du couple en train de se déchirer, l'intervention des flics. Mais tu as la flemme de te lever pour un évènement qui finalement a bien moins d'importance que de lire dans ton lit le livre des peurs primaires. À cet instant précis, la vulgarité et la violence du monde t'indiffèrent. Tu reprends ta lecture avec la migraine...





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