dimanche 5 juillet 2015

#325


Tu écoutes toujours le silence d'une parole subitement interrompue comme une prise de position à ton égard. Le silence devient l'absence de demande, d'adresse. Parfois je te surprends à parler seul à voix haute : tu insultes, te moques, craches tes ressentiments encore chauds pour provoquer l'absent. Mais toute tentative échoue à importuner son silence. Silence dont tu ne reconnais plus le visage. Ses traits sont étrangers. Sa voix jadis intime retrouve l'anonymat de n'importe quelle autre voix. Le temps fait bien son travail. Rapidement. Sèchement. La place de l'absent est désertée de toute mémoire. Sa place est désormais vide. 


Qu'attends-tu pour inviter l'oubli à s'asseoir ?



1 commentaire:

Bettina a dit…



L'oubli est plus blanc que le blanc !