lundi 8 juin 2015

#314


À la fenêtre, la vue ne cesse de se renouveler. 
Toi tu restes devant, immobile, à l'oubli des jours qui se lèvent et des nuits qui tombent.


Ombres et lumières passent sur ton visage inerte. Ce n'est ni de l'ennui, ni de la patience, pas même du repos. Ta conscience chute infiniment dans le vide de ton regard. Sans un cri. Hors du temps. La pensée anéantie, tu t'absentes de ton corps, oublies un instant que tu es. Ta présence est celle d'un bout de bois mort, d'une pierre, d'un objet quelconque.


Puis tu reviens à toi. Jettes à un oeil à ta montre. Tu n'en as pas. Tu regardes ton poignet nu comme celui de quelqu'un d'autre. Cette main t'appartient-elle ? Tu doutes un instant, ignores combien de temps vient de s'écouler. 

L'orage gronde au loin, annonce sa venue. Le vent se lève. Tes lèvres se mettent à trembler, tes dents à claquer comme un volet dans la tempête. Douche froide de l'angoisse qui se réveille en sursaut. 

— Qu'attends-tu ?

— J'attends que la foudre s'abatte sur ma langue..


L'orage approche, recouvre peu à peu l'horizon...


puis la ville...

puis toi...


qui enfin disparait...


derrière la vitre....






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