mardi 24 décembre 2013

#157



Colette Peignot (1903-1938) c'est Laure, Laure c'est Colette, 
Laure et ses mots choisis, des mots parfois en écho de lecture pour d'autres mots.

Et ces mots résonnant dans notre tête à chaque fois écrits... n'ont de cesse de hanter nos espérances étouffées.

Ici un Corbeau... d'une fin de poème à Laure, vers ces Nuits Échouées si étranges de cauchemars et rêves, pour cette foule barbare assassine de nos défaites, Laure morte dans la jeunesse de ses mots à 35 ans, chaque fois nouvelle, chaque fois neuve...

[...]

La nuit m'a trouvée
étranglée au fond du bois
Elle m'a enveloppée d'un halo de lune
et bercée dans la brume
une brume blanche, mouvante et givrée:
" Je connais ton étoile
va et suis-la
Cet être sans nom
renié tour à tour
par la nuit et le jour
ne peut rien contre toi
et ne te ressemble pas
crois-moi
Lorsque demain à l'aube
ta tête sera jetée
au panier des guillotinés
souviens-toi
Assassin
que toi seul
as bu à mon sein
tout le lait de la tendresse humaine". 


Le  Corbeau 
(1936)  - les Écrits de Laure -

L'apatride 




1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

Laure, la méconnue...

Jérôme Peignot m'en a parlé.