mardi 25 juin 2013

#72




Nous savons quelque chose communément, chacun de notre côté, quelque chose dont on ne peut parler. Ces moments d’effroi, que nous redoutons tous, ces moments où l’air étrange et dérangeant, comme si le masque était tombé, dans une ivresse de trop, monsieur M. détruit, au cœur de cet enfer qu’il peut bâtir en quelques mots, vous laissant là, mal à l’aise, honteux, ravagé, dans l’éternité de l’instant, là où l’aimer est insoutenable.

Après coup, on se dit tout bas qu’on aurait dû rester sur nos gardes, même pour lui tendre un bout de pain et ainsi ne pas réveiller la violence qui sommeillait en lui, au plus profond de son amour. Et je crois que chacune des personnes avec qui il a vécu un temps, chacun d’entre nous peut ressentir, sans un mot, dans ce drame de l’aimer, un sentiment de solidarité qui nous liait malgré nous, nous qui savions, nous les victimes, nous les coupables aussi.



J'écris : les coups de sang de monsieur M.


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