mardi 4 juin 2013

#62



Monsieur M. a une gène, une douleur quelque-part, à un endroit particulier, intime, il ne peut dire où.
Peut-être est-il gravement malade ? 
Dans le doute, Monsieur M. préfère ne pas consulter, trop terrifié à l'idée d'apprendre une nouvelle à laquelle il ne survivrait peut-être pas.

Une seule solution: tenter tant bien que mal de métamorphoser sa douleur en fiction, la guérir par le récit de faits imaginaires et bien précis pour ainsi essayer de se soigner seul, tout seul comme un grand, sans rien demander, sans rien coûter.

Pourtant, Monsieur M  fait sûrement partie de cet infime pourcentage maudit par le sort. Un de ceux sur qui la sentence d'un rare et grave diagnostic tombe.

Monsieur M. est assez lâche pour continuer à se voiler la face, procrastiner, remettre à trop tard. Il sait au fond de lui que sa douleur n'est pas fictive, elle est bien là, tout le temps là, quoiqu'il fasse, règnant sur son corps pour mieux contaminer sa pensée inquiète, douleur silencieuse contre laquelle il n'ose poser des mots, mots contre lesquels se battre, se traiter.





J'écris  : la maladie de la fiction.



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