lundi 3 juin 2013

#61


Hier, près de quatre-vingt personnes ont lu la prétention de vos mots, ici, au parloir de la langue. 

Depuis des mois monsieur M., vous vous autorisez à publier blanc sur noir votre voix sans même vous soucier des conséquences, comptant sur la tolérance de près de quatre-vingt regards anonymes et inconnus.

L'heure est venue que l'un d'entre nous vous réponde, sincèrement, noir sur blanc.

Monsieur M., vous n'êtes qu'une tumeur sur des heures fictives et pourtant bien réelles. Votre douleur peut témoigner de leur véracité, elles sont en vous ces heures qui passent, quand l'air un peu idiot vous vous demandez : comment ne pas se tuer dans le suicide de chaque journée ?

Vos élans morbides sonnent bien faux, bien creux. Pas même la mort est susceptible de vous rendre plus intéressant. Sachez-le. Alors d'avance merci de nous épargner votre lettre d'adieu.

Continuez encore quelques mois de plus sur ce ton aussi grave que ridicule, vous verrez, vos près de quatre-vingt fidèles vont vite vous haïr à raison, vous conspuer avant de vous abandonner là où tout seul, sans adresse, jadis, vous écriviez.

Vous n'êtes pas digne de vos lecteurs. Vous n'avez rien à leur donner. Vous faites perdre du temps à près de quatre-vingt solitudes daignant poser les yeux sur ce que vous prétendez être du travail. 
Personne n'est dupe. Nous devinons votre paresse obscène derrière chacune de vos longues phrases, paresse s'élevant avec le temps à un prix exorbitant, si vous connaissiez le montant, vous arrêteriez de parler dès maintenant. Croyez-moi monsieur M, vous n'avez pas fini d'être vivant à crédit.

J'écris: compter sur près de quatre-vingt lecteurs pour payer ses dettes.



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