samedi 5 août 2017

#540



j’ai toujours le sentiment d’entendre avant d’écrire, une voix prėcède la tape sur le clavier, il y a un temps d’arrêt entre ce que j’entends et ce que je note. Je dis la phrase à voix haute, d’une voix neutre, sans intention aucune, j’en formule quelques unes avant de choisir la bonne. Je rature et recommence à voix haute, sans écrire, avant d’écrire. C’est dans ce temps d’arrêt que je suis. Dans cet écart entre ma conscience et celle des mots. J’entends encore le cœur battre. Mais est-ce le mien ? Ce battement n’est pas celui de mon corps mais du personnage que je deviens, ce prénom signé là, au bas d’un paysage, d’un auto-portrait.


s’acharner à écrire au présent. S’absenter derrière le blog pour faire de lui la présence. Ces temps-ci, le blog n’est plus seulement un lieu mais une identité indépendante. Les nuits échouées devenues corps noir où jeter des paroles blanches, des silences échappés comme on éternue subitement, sans même avoir le temps de mettre la main devant la bouche. Un bout de glaire jaillit de la gueule. Je regarde ça pendouiller sur le mur, étrange mollusque liquide couleur de crève. Si j’écris ma toux, c’est à cause de ces foutues clim’, pourtant indispensables ici. Ce n’est pas tant la chaleur mais sa moiteur que les corps portent comme une seconde peau. Parfois il pleut et après il fait encore plus chaud, encore plus moite. Quand l’orage perd les eaux, une fraîcheur nait aussitôt. En revanche, quand il ne fait que pisser une averse sans éclater entièrement, la chaleur est intenable. Je me masque dans l’espoir d’absorber moins d’essence. Mes bouchons de cérumen sont noir-embouteillage. Tous comme mes idées en ce début d’après midi. Il pleut. Les motos passent dans l’espace de la page, une vidéo reste une page de journal. Le geste est le même. L’iPad poids plume pour écrire la main légère, rien de plus, image et son comme matière à écrire la ville dans l’œil de l’autre, l.autre avant tout moi-même, qui peu à peu se démultiplie en nombre de vues, oui, l’autre devient autre, un chiffre, aussi inconnu soit-il. 17 vues c’est déjà une petite troupe, un léger mouvement de foule dans le silence, quelques pupilles et oreilles susceptibles d’entendre et voir ce que j’écris perché sur mon comptoir, dans mon tunnel, celui que le lirécrire creuse entre toi et moi, ce bout de conduit dans lequel je cris comme par le trou d’une serrure, celle d’une porte fermée sur le vide.





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