jeudi 3 novembre 2016

#467



Je me lève abattu. La journée n'a pas encore commencé et déjà savoir que je n'écrirai rien. C'est un sentiment physique inexplicable. Une semaine que je traine cet état. Chaque regard dans le vide se cogne à l'horizon intérieur. Je suis une attente qui n'attend rien. Les heures passent, ouvertes sur rien. Même le ciel donne sur une impasse. Dans ma poche l'argent suffisant pour un verre ou un joint. Aller topper de la weed ou boire un litre de bière, voilà les seuls possibles de la journée qui déjà se termine. Mais je me l'interdis. J'ignore pourquoi je m'assois des après-midis entières dans les arbres à ne rien faire. À la table à côté la ville lit les lignes de la main d'une enfant malade. Je photographie, sans opinion. Il a plu un peu. Le vent est frais. Le bruit de la ville remonte à mes oreilles. Je ne pense rien. Même l'angoisse me manque. Les livres à écrire, qui s'ouvraient en moi il y a quelques jours, se sont tous refermés. Tout aussi Incapable de lire. Les mots m'ennuient. Je fais parti des choses. Au même titre que le ventilateur brassant de l'air. Je tremble comme une branche. Je lève la tête un instant de l'écran et deviens la chaise vide en face de moi. Même les serveuses m'ont oublié. Je viens de chier. Derrière mes pas le bruit de la chasse d'eau tirée. Je suis le déchet d'homme qu'il reste à mon absence pour exister. La nuit tombe. Saura-t-elle m'arracher à ma torpeur ? Il est temps de rentrer.



ma résidence continue chez l'amie N. sur Glossolalies

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