mercredi 4 septembre 2013

#99




Derrière la grâce de son air saisi par le ciel, sa barbarie peut surgir à tout instant, d'un coup de sang dans la voix, fin prête à se venger des mots qui lui manquent en hurlant seule dans la nuit comme un chien à la mort...

Peut-être que ces cris sont en elle depuis toujours, des cris d'avant la parole, cris d'une heure d'un matin où la belle naquit derrière un arbre mort à même la boue du monde sous des trombes de pluie torrentielle. Dès sa première minute, elle fut jetée dans la solitude de la forêt. La voix sombre des arbres fouettés par le vent allait devenir une angoissante berceuse, chanson cauchemardesque des sommeils à venir.

Encore aujourd'hui, chacun de ses rêves n'est que pur sauvagerie. Somnambule elle erre affamée dans le quartier comme dans une forêt à la recherche de sa proie. Une fois repue, elle se réveille non sans stupeur au beau milieu d'une route comme une autre, sous les yeux des automobilistes effrayés la regardant comme ce qu'elle n'est plus : une bête en robe blanche.


J'écris: les nocturnes de madame T.



1 commentaire:

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

Quel est le lien, certainement intime, entre crier et écrire ? Votre texte le donne à pressentir, et en indique la direction.