mercredi 21 août 2013

#97




ça va ? oui.
rien d’autre à dire, … rien.

une angoisse étreinte au-delà de l’angoisse, un ciel de plomb qui transperce : un trou dans ma cervelle, un trou dans son regard incrédule de désarrois… peut-être mes jambes ne la porteront plus tant elle est grande et lourde pour deux et elle sera morte assise… par un trou de ma tête et de ses yeux… c’était décembre.
un aller-retour de pas au ralenti pour ces rendez-vous de février : un prélude
aux 7, 14, 20 qui comptent ces mois de février.
je suis occupé ? oui… on me dérange, non.

une escapade au musée du Louvre : janvier est seul et froid dans Paris.
impressions d'une après-midi d’intransmissibles parfums :
dans la galerie des Grands Formats -peintures françaises du XVIII-XIX ème siècle- deux heures et demi-heure assis, à dériver et m'oublier avec les rescapés de ce Radeau de la Méduse (1817-1820) : Géricault en 493,4 cm sur 725,8 cm ! Théodore Géricault (1791-1824) : un génie de sa jeunesse.
la tête parfois encombrée de nombreuses histoires de peintres... cette anecdote sur Géricault, probablement la dernière sur lui, il avait 33 ans... Alexandre Dumas qui lui rendit visite pour la première fois et la dernière fois, une semaine avant sa mort, le trouva sur son lit, "occupé à dessiner... sa main gauche avec sa main droite"... l'ami Théodore était un pinceau droitier... et devant la surprise de Dumas qui s'inquiétait, il répliqua : ... "je m'utilise".

ainsi pour sa dernière main gauche exécutée en pierre noire, en sanguine et couleurs d'eau (Paris, musée du Louvre), ces quelques mots griffonnés pour quelques touristes toujours japonais passantes et passants,
un hommage laissé sur un ticket de caisse pendant la pause d'un chinese tea-time dans ces bruyants restaurants du Monde, sur le bord d'une table en faux formica et bois plastifiés :

                            boire et boire à n'en plus finir
                            un après-midi des nuits à-venir
                            ce thé vert de nos défaites amères
                            pour des espérances mises à la mer
                            de nos vaisseaux en berne
                            d'infinies gorgées ternes
                            tièdes précautions
                            d'un squelette en haillon
                            en radeaux et méduses des échos
                            pour les blancs horizons de Géricault.

mots d'hommage à un maître de génie, pour cette fois où j'ai pu prendre et comprendre sur carnet détails et notes de couleurs et croquis...
une habitude dans les musées à devoir maintenant… de toujours apprendre et voler des morceaux de chair :
ainsi sur ce radeau dans vagues et tempêtes de l'autre après-midi,... des ocre-jaune blancs d’un sale de garances et violines de ce dernier horizon m'ont donné idée d’une lumière poussiéreuse à quelques fruits des prochaines natures mortes, les bleus grisés marbrés sombres et lisses des corps mourants... pour quelques ombres fuyantes des paysages de ponts et granges en ruines...

enfin des choses toujours faciles à dire et un reste toujours à faire.
transmettre une vie, son enseignement ou celui d’un maître, c’est faire ouvrage de fidélité, une volonté d’un corps à se vouloir intact et précieux.
quant à l’œuvre, l’œuvre d’un génie, en fait comme chaque histoire n’est-ce-pas ? … elle ne peut que faire… éclat et retour… dans somme toute ce qu'on appelle du doux nom… de souvenir,... celui d’une vie. 

je me rappelle... sortir de la pyramide-diamant de verres et marcher vers la Seine belle et indifférente,
le pas au ralenti... d'un plein d'horizons et de cadavres.


ça va ? oui.
ça va ? agence, … Havas à Toulouse.

l'apatride





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