samedi 9 avril 2016

#416



que reste-t-il de notre rencontre ?

un silence entre parenthèses
une voix disparue parmi tant d'autres dans les archives de la parole
un livre jeté à la mer des adresses
et les multiples reflets de votre visage figé sur quelques tableaux
à l'abandon

je fixe vos lèvres de peinture sèche dans l'espoir qu'elles bougent à nouveau
après de longues heures d'attente j'aperçois un léger tremblement
le mouvement de la lumière sur les toiles semble vous redonner la parole
mais l'écho de votre voix n'atteint ma conscience qu'une fois la nuit tombée
vous êtes si loin désormais


— vend-les...

— pardon ?

— vends-les tableaux. comme tu t'es débrouillé pour vendre le livre.

— pourquoi ne pas les brûler ?

— parce-qu'ils renaîtraient de leurs cendres sous d'autres formes.


— pourquoi ne pas les donner ?

— parce-qu'il s'agit de ta chair, de ton sang, d'un morceau de ta vie. parce-qu'un geste adressé, même au néant, n'est jamais gratuit.

— ....

— vends-moi. vends mes mots, mon visage, ma voix. ainsi, quand tu te seras dépossédé de tout ce que tu crois savoir à mon sujet, notre entretien pourra recommencer.



3 commentaires:

annaj a dit…

j'avoue aimer l'idée du troc... chaque mot chaque couleur, cherche un écho. la gratuité est une illusion.
parfois certains choses, ses toiles, ses cahiers meurent de n'avoir trouvé aucune porte pour se donner

Dominique Hasselmann a dit…

brûler jusqu'à sa propre mémoire : et recueillir les cendres pour en faire un tableau en relief.

Bettina a dit…


On ne peut recommencer,on peut continuer a se chercher