mardi 18 août 2015

#350



Il est temps que le temps ne cesse de venir.


L'horizon du Mê Kong a toujours vu les hommes du fleuve et de ses affluents avancer sous toutes les moussons humides et sèches... ces hommes ayant tout vu des terres et des cieux d'ici noirs de nuages de bombes ou napalms... ces hommes insensés dorénavant d'un développement socialiste joyeux absurde... ces hommes désespérés d'un espoir s'échappant au-delà de cette cordillère d'Annam et de la mer de Chine... ces hommes des jours et des nuits en foule hurlante et grouillante de motos et bicyclettes. C'est donc ici, ce fut ici. Ce ne fut qu'un mélange de sang et sperme avec les banians et cocotiers, le commencement de toute préhistoire toujours renouvelée: une préhistoire appelant l'humanité d'un prénom. C'est un début de l'aube pas encore là et qui n'est déjà que le débit d'un crépuscule.


Il est temps que le temps soit toujours à-venir.

Je te salue au crépuscule homme femme fidèle
Pour cela seul qui vaut qu'on en parle aujourd'hui
Nous sommes les bergers je te dis d'une étoile
De si loin si longtemps et malgré tout suivie
Nous sommes les bergers de toute notre vie
Et nos pieds écorchés s'en vont vers d'autres pierres

Aragon (les Adieux)


1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

La graphie en écho.......................................................................................................................................