jeudi 1 mai 2014

#186


Voilà donc arrivé cet instant. La porte est restée close. Elle reste fermée comme une bouche mutique, une bouche devenue muette. Il n'y a plus de mots. Un lieu sans nom.
Il n'est pas d'occupant, il n'y a plus de visiteur.

 
Ce ne fut qu'hier pourtant... que nos mots se rencontrèrent sur ce carrefour des Nuits Échouées, ce fut hier des insomnies d'Annam à Anh Mat... un hier donnant aux pas et destins... l'illusion que ce lointain redouté et anonyme, toujours repoussé, puisse rester éloigné de chacun, au plus loin... vers là-bas... ce là-bas de là-bas-là-bas.
Une chose commune... se dire au revoir... après des mots écrits échangés partagés... puis maintenant un malaise subit profond un peu brutal... presque banal, n'est-ce pas?
Voilà. C'est tout.


Avez-vous existé réellement dans la vie d'une nuit d'un seul jour, seulement d'un seul ici... Mr M? Êtes-vous un nuage de la pluie et du beau temps selon le vent et les moussons? Peut-être certainement, probablement là où vous allez aller quelque part... au gré de nulle part... au bout de cet horizon qui s'ignore.
Vous seul, Mr M... vous seul savez cela... pour nous pour vous.
Dorénavant donc, je vous rencontrerai comme un livre. Et je vous raconterai comme un livre. Un livre parmi d'autres sur des étagères de bibliothèque. Oui.
Vous serez donc un livre ayant pour titre: "Mr M".
Voilà. C'est ça.


De même une chose perdue n'est pas une chose finie, de même le chagrin égaré des souhaits de l'enfance ne s'efface pas, de même le merveilleux nuage étranger une fois croisé ne s'oublie pas, de même les vies avec leurs mots se croisant toujours pas à pas... nous retiennent.
Au revoir Mr M. Au revoir Monsieur.


l'apatride
 (fin du livre de monsieur M.)




1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

La livraison était en cours.