samedi 5 avril 2014

#179




(avril 1914 de l'An du Tigre - mars 1996 de l'An du Rat)

Madame, 
Que ne savons-nous pas maintenant de vous? Tout a été écrit sur vous. Tout a été dit sur ce que vous avez écrit. Tout. "Écrire. C'est tout." Aviez vous écrit ainsi pour vos dernières fois...1993 Écrire, 1995 C'est tout.

Votre voix disait inimitable, pesée, lentement : 
"Ce qui me passionne c'est ce que les gens pourraient dire s'ils avaient les moyens de le dire et non pas ce qu'ils disent quand ils en ont tous les moyens. Le réalisme ne m'intéresse en rien. Il a été cerné de tous les côtés. C'est terminé."

Vos mots vos paroles votre être ont la moiteur le rythme la sonorité des moussons de l'Annam...là bas chez vous, là où cette terre et ses rizières se souviennent.

Écrire. Écrire...le disiez-vous, nous chuchotez-vous...à travers la mort d'une mouche. "La solitude de l'écriture c'est une solitude sans quoi l'écrit ne se produit pas, ou il s'émiette exsangue de chercher quoi écrire encore,.. On ne trouve pas la solitude, on la fait, la solitude elle se fait seule, je l'ai faite."

Viết. 
Écrire.

"Con ruồi đả chết."
La mouche était morte.

Nử hoàng này, Đen và xanh.
Cette reine. Noire et bleue.

"Con ruồi đó, con mà tôi thấy, chính tôi, nó đã chết rồi. Chậm rãi. Nó đã vùng vẩy cho tới cái giật cuối cùng. Và rồi nó đã nhượng bộ. Điều đó có thể đã kéo dài năm đến tám phút. Nó đã kéo dài. Đó là một thời điểm kinh hãi tuyệt đối. Và đó củng là điểm xuất phát của cái chết tới nhửng khoảng trời khác, nhửng hành tinh khác, nhửng nơi khác."
Celle-là, celle que j'avais vue, moi, elle était morte. Lentement. Elle s'était débattue jusqu'au dernier soubresaut. Et puis elle avait cédé. Ça a peut-être duré entre cinq et huit minutes. Ça avait été long. C'était un moment d'absolue frayeur. Et ça a été le départ de la mort vers d'autres cieux, d'autres planètes, d'autres lieux.

"Tôi đã muốn bỏ đi và đồng thời tôi tự nhủ rằng cần phải nhìn về hướng tiếng động dưới đất đó, vì dù sao tôi vẫn cứ nghe thấy, một lần, tiếng động ngọn lửa rừng xanh của một con ruồi bình thường chết đi này."
Je voulais me sauver et je me disais en même temps qu'il me fallait regarder vers ce bruit par terre, pour quand même avoir entendu, une fois, ce bruit de flambée de bois vert de la mort d'une mouche ordinaire.

Ainsi pour vous les sons et les écrits mélangés de ces deux langues, de vos deux langues à vous, de ces deux langues parmi d'autres me traversant ici aujourd'hui.



...et vous, dans quelques librairies de votre ancienne Saïgon devenue cette  révolutionnaire HCM City

L'apatride.





1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

Bel accompagnement vécu de l'intérieur.