mardi 30 juillet 2013

#90




Au bout du petit matin, je m'envole et pars sans crainte, avec la certitude d'être accueilli par l'apatride aussitôt les pieds posés sur ma terre natale devenue, en à peine six années, une étrangère. 

Alors que je vogue au dessus des nuages, des mers et océans, des continents, la nuit prend le visage du jour.
Je ne suis même pas encore arrivé que je surprends déjà ma pensée à errer sur ces coulées d'asphalte brûlant mes pneus noirs et mes pieds jaunes, à nager dans l'eau bouillante et verte d'un lagon plein de vase, à contempler ces champs de blés jusqu'à l'asphyxie de mon regard à la recherche d'un peu de paix.
  
Regarde, une chaise m'attend déjà au bout de ce jour qui n'en finit pas de mourir.
Nul doute qu'en face de moi, l'absence de monsieur M. sera là, au rendez-vous. 
Comme toujours 
 
 J'écris : monsieur M. se volatilise

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