mardi 26 mars 2013

#4


Sur la chaise en fer plantée dans les graviers, sérieux, le regard fixé comme à jamais sur les pages, je fais semblant de ne pouvoir détourner les yeux, toujours distrait par la moindre présence qui passe, qui se permet de passer à côté de moi et qui me ramène ici, à l'endroit où je suis, dans ce lieu où au milieu d’un livre, je cherche le semblant d'un air familier, un repère, un refuge, un autre, dans l'espoir malgré tout d'un peu de calme, moi qui tiens un livre et qui ne lis plus, moi qui tiens un livre et qui subis ce qu'il y a à écrire de la vie, moi qui tiens un livre et qui n'écris pas, il est temps de partir, de rentrer, de marcher sur le chemin de ma chambre en me voyant déjà m'y ennuyer, il est temps d'y aller, vers l'unique et terrible issue, le sort de toute chose, le sort de trois fois rien, parce-qu'il ne s'agit plus des choses, parce-qu'au fond il n'y a jamais rien, rien eu d'autre que ça : l'existence qui continue. 




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