lundi 6 février 2017

#496


puis après midi pieds dans les miettes, mégots d'un autre sous la semelle, ballet de mouches qui tournent autour de l'écran. La table essuyée d'un coup de torchon sale sent le vomi. Le temps passe au rythme des coups de ciseaux dans les piments. Deux serveurs face à face regardent le même point dans le vide. Les observer ne rien faire m'émeut. Au loin je reconnais la couleur d'un nuage de beuh. Fumerai bien deux trois taffs, manière d'accompagner la bière. Comme hier, comme demain, le pas des passants fait trembler mes yeux cernés. Coups de Klaxon, éclats de rires, cris dénués de sens violent le silence intérieur. Et la terreur m'envahit. Ce qui était doux il y a 2 minutes m'envenime l'esprit sans raison. Et des français s'assoient juste à côté. Ils aperçoivent le titre du bouquin sur ma table : "je ne suis personne". Je le laisse bien en vue, pour les tenir à distance. M'adresseront pas la parole. Ça ne les empêchera pas de discuter entre eux bien trop fort : 
— De quelle histoire tu parles ?
— l'histoire avec mon frère ! Je ne t'ai pas raconté ?
— ben non
— Et bien figure toi que mon frère est avec une black. Elle attendait un gosse. Soi disant de lui. Quand l'enfant est né, il était black. Elle a essayé de maquiller l'histoire à ma famille en disant que c'était sûrement génétique ! Un propable ancêtre noir venant de notre famille à nous ! Alors que la petite tu vois, elle est pas café au lait, elle est vraiment chocolat noir. Black black ! Une possibilité génétique, je veux bien, mais à ce point là, c'est impossible ! Sûr que ce gosse n'est pas celui de mon frère. Elle a fait ça avec un autre black. Pourquoi le cacher ?

d'un soupir j'ai mis le casque sur mes oreilles. Un peu de son. Peu importe quoi. Tout sauf ça. En attendant qu'ils dégagent. En partant la femme m'a esquissé un sourire. Je l'ai fixée avec le plus de mépris possible. 
La nuit tombe déjà. C'est l'heure où les jolies jeunes filles en minijupe budweiser, Sapporo, tiger beer. sortent de leur tanière. Toutes si mal à l'aise dans ce rôle d'hôtesse, chaussées de talons dans lesquels elles savent à peine marcher, déshabillées du regard des hommes qui boivent gaiement sur le trottoir. L'humeur mauvaise s'est apaisée sur le chemin du retour. Merci crépuscule.




1 commentaire:

brigitte celerier a dit…

et les cons… oui (mais merci pour la grâce par dessus tout dans votre vidéo)