mardi 31 mai 2016

#426



dans mes bras tu dors je tends ton corps à ta mère ô ciel et terre elle aurait pu tomber c'est de ta faute non de la tienne éternel dialogue de sourds entre deux bouches enragées si ta tête avait percuté le carrelage gris-bitume continuerions-nous à hurler à ton chevet sur ton cadavre encore chaud allongé dans le lit des urgences par chance mes réflexes ont sauvé la vie que ma maladresse allait te retirer vive piqûre de rappel dans le bras du bonheur l'accident est soudain un malheur peut si vite arriver aujourd'hui dans une heure demain à la maison à l'école au parc le vent dans les feuillages fait hurler un arbre vertigineux un copain titille ton orgueil de reine même pas cap si je suis cap et tu trouves le courage de grimper malgré le vertige oses même te suspendre comme un singe parce-que ça fait drôle dans le ventre au fond du sexe tu te balances ris ivre d'un plaisir secret tes chaussures à scratch peu à peu glissent de la branche comment ralentir la cadence à ton âge tu n'as pas la force de te redresser le temps s'arrête puis remonte des images de ta courte vie défilent je t'entends piailler de douleur tel un oisillon tombé de son nid au pied de l'immense frêne à écorce sèche ne bouge pas mon enfant surtout ne bouge pas papa est là seul dans ta chambre à présager du pire durant ta sieste de l'après-midi...

1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

la regarder dormir...