jeudi 29 octobre 2015

#370


Le chien que tu n'as pas parti depuis des jours. Où qu'il soit, bonne route à lui.

JT :10 % de la population française ne maitrise pas assez de mots pour s'exprimer correctement. Ainsi les jeunes élèves en difficulté n'ont pas accès la complexité
Tu en connais certains qui maitrisent bien des mots sans pour autant parler correctement, dénués de toute complexité...

Twitter : @anh_mat fait parti de votre identité... (scepticisme amusé)

Facebook: énième billet d'un écrivain qui revient de voyage et nous partage son "périple"... encore un qui croit qu'en voyageant il écrit... il plaque des mots sur le mot voyage tuant par là même "s'écrire" car il croit... que son voyage l'a sorti de sa tête... Il croit écrire et n'écrit plus... Il est peut être temps d'écrire ton texte à toi, rien que pour répondre "politiquement" à tous ces affamés d'inédit, de paysages pittoresques et spectaculaires, il est temps d'écrire qu'un voyage est avant tout intérieur... 
(A. me manque. Plus que seul sans lui. Où êtes-vous ? Dans le blanc des phrases que vous n'écrivez plus.)

Contrains-toi à tenir ce journal : le moindre clignement d'oeil devrait être noté. Rappelle-toi : tout est langage. Tout est note, rythme, mots ponctués... Sois conscient de ton regard, ton écoute, ta respiration, du battement de ton pouls; même quand tu ne fais rien reste encore d'infimes oscillations nerveuses à noter, en quelques miettes...

T. s'apprête à s'endormir, la main gauche sur ta cuisse droite. Elle tousse un peu puis silence total. 6 minutes après le souffle de son sommeil commence à se faire entendre. De l'inspiration à l'expiration, une seconde, sa respiration semble décompter le temps de la nuit qui passe... Et ça t'empêche de dormir. Faut dire que tu ne cherches même plus le sommeil, il t'a quitté il y a bien longtemps. Tu évoques souvent l'insomnie... Pur mensonge ! Tu ne fais que procrastiner le moment de dormir. Tout est bon à ne pas fermer les yeux. Si les paupières ne tombent pas d'elles-mêmes, même épuisé tu resteras éveillé jusqu'aux dernières pages d'un livre... Cette nuit le livre en question dit : Je vous avais dit aussi qu'il fallait écrire sans correction, pas forcément vite, à toute allure, non, mais selon soi et selon le moment qu'on traverse, soi, à ce moment-là, jeter l'écriture au dehors, la maltraiter presque, ne rien enlever de sa masse inutile, rien, la laisser entière avec le reste, ne rien assagir, ni vitesse ni lenteur, laisser tout dans l'état de l'apparition." (Duras, Emily L.) Et ça te tiendra la main pour jeter ce billet de misère...


et puis soudain,
au beau milieu de la nuit
tu crois reconnaître
remontant d'un coin du quartier
l'aboiement du chien que tu n'as pas

laisses la porte ouverte
au cas où demain
il rentrerait


1 commentaire:

Lucien Suel a dit…

Superbe ! Oui, tout est langage.