mardi 27 octobre 2015

#368



À la fenêtre l'abîme illimité de la nuit. Les lumières de la ville ressemblent aux tâches de couleurs vives perçues lorsqu'on ferme les yeux : scintillements, éclairs, étoiles du néant. L'angoisse est vertigineuse face à la profondeur de l'horizon. Par prudence, mieux vaut tirer le rideau, rester là, immobile, les yeux ouverts dans le noir des heures suspendues. Insomnie : chute dans le temps arrêté, penser à vide, égaré dans le dédale d'une angoisse sans nom, sans âge, sans sexe, toute l'identité devient soudain extraordinairement hypothétique. Si tu avais à parler dans ces moments là, aucun pronom ni aucun mot ne pourrait saisir ton dépaysement intérieur. Même l'écriture est impuissante. D'elle ne resterait que la ponctuation : virgules, guillemets, tirets, parenthèses, points d'exclamation, d'interrogation, hurlement de signes, d'oscillations nerveuses, seul langage possible pour exprimer ta traversée dans l'innommable.


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