#480


ça y est. Le journal s'impose. Je passe tout mon temps libre avec lui. Il parasite le livre à faire. Ses mouvements de langue remuent ce qui était devenu statique. 

*
besoin de mouvement, être le plus mobile possible, silhouette discrète, chaque jour les mêmes itinéraires qui ne mènent nulle part. Je ne joue pas à l'homme affairé, si je marche le pas pressé c'est justement parce-que j'ignore où aller, parfois je tourne en rond dans la ville, reviens sur mes pas, hésite... les mains sur les hanches, je soupire, complètement perdu en moi.


*
...une voix avec laquelle ma solitude n'est plus seule, tenue par la main de l'écriture...

*

j'écoute avec grande attention le bruit des discussions derrière moi, en coréen, plus bas en viet, j'entends le bruit des cuillères, des tasses qui scintillent, j'entends le bourdonnement des rues derrière, il traverse les portes de la terrasse fermée, elle n'arrête jamais de tourner, même le silence est devenu son bruit de fond... le silence de la campagne me manque parfois, celui de la mer aussi... même si l'écho de son vide m'a souvent épouvanté, la mer manque terriblement. La ville est une musique aliénante, son silence se fait extrêmement rare. On le remarque parfois, dans la fraicheur de la nuit qui meurt, silence qui dure peut-être une demi-heure, et encore, déjà interrompu par les chocs des premiers camions containers, le chant des coqs de combat, les meuglements de bateaux dans la brume...

*

   partie d'échec contre la nuit... je perds



Commentaires