samedi 4 juin 2016

#429



mon inaptitude à habiter le monde des hommes m'a appris à m'isoler en son sein. Peu importe la foule, peu importe l'intensité du brouhahas qui m'entoure, les regards qui se posent sur moi, la porte de ma solitude m'est toujours ouverte. J'habite un vieux livre, j'habite un  rectangle de lumière où écrivent des frères et soeurs inconnus. Dans mon coin, tournant le dos à la folie du jour, j'habite le monde entier.



ignorer absolument tout de certains textes, d'où ils viennent, quand ils écrivent, bonheur d'être sous leur dictée, sous l'autorité avec laquelle ils imposent leur espace, leur loi. Quand en revanche ils n'écrivent plus, totale impuissance. Où puiser les choses qui se rattachent à leur voix ? 
Je lève la tête de mon écran, regarde le monde autour de moi, le texte n'y est pas, il est ailleurs, j'ignore où. Ces textes-là, rares, sont peut-être les seuls qui signifient, car dénué de toute volonté personnelle, leur nécessité même est étrangère. Ce sont aussi ceux qui nous échappent le plus vite si on ne prend pas assez de temps pour les écouter. Un peu comme lorsqu'à peine réveillé, on se précipite pour écrire le récit du rêve qui déjà disparait... 

qu'est ce que c'est l'écriture ? qu'est-ce que sait ?



     est-ce 
                   la pluie
                                   qui tombe
                                                         là


2 commentaires:

Claudine a dit…

"Oser aimer la pluie" écrivait Francis Royo

anna j a dit…

où puiser? ... le silence nous coupe les bras