jeudi 20 novembre 2014

#233


Combien de nuits blanches à écrire un paragraphe d'une dizaine de lignes ? Combien d'heures à creuser des phrases menant toutes à une impasse ? Combien de secondes sans faire le moindre pas ? Combien de kilomètres de fausses routes parcourues ? Combien de fois le même passage réécrit, relu, puis finalement effacé, sans regret, malgré la nuit entière passé dessus ?

Arrête-toi un instant. Peut-être même quelques jours. Pas le choix. Le texte demande à être seul. Il en a marre de ta gueule, de ta voix qui ne cesse de couvrir la sienne. Ferme l'ordinateur. Ouvre la fenêtre. Deviens la lumière des lampadaires, le silence des maisons, la ville vidée du bruit des machines, des hommes, des animaux. La nuit sans mot se meurt sous tes yeux.


Regarde : le soleil se lève, l'oeil ouvert sur ton visage épuisé de n'avoir rien écrit.





1 commentaire:

Dominique Hasselmann a dit…

Le silence des phrases est parfois un paysage.