mardi 22 mars 2016

#411


à la fenêtre
sa lumière
toujours la dernière
allumée

parfois jusqu'à l'aube

la ville le croit insomniaque
elle se trompe
lui ne fait que lutter contre le sommeil qui l'envahit

il ne dort pas par refus
refus de croire à la marche du temps
aux jours qui quels que soient leurs noms
sont des heures sans chiffre n'en finissant plus de passer

son visage est aussi jeune qu'il y a dix ans
souvent la ville lui demande grossièrement quel est son secret de jeunesse

les yeux cernés de rêves pas encore faits, il répond fatigué : j'ai su, en refusant de dormir, arrêter le temps qui désormais n'a plus aucune incidence sur moi


La nuit suivante, la ville s'est mise à veiller à ses côtés.






1 commentaire:

anna j a dit…

il y a cette vie toujours sous la nuit et qui nargue et réclame...