mardi 16 février 2016

#398


La ville se perd dans l'absence d'étoile, dans le pourpre des nuages bas mêlés aux lueurs des lampadaires, des fenêtres encore allumées. Qui veille encore à cette heure-ci ? que font ceux qui ne peuvent fermer l'oeil... l'amour peut-être ? Là, sous ses yeux, deux silhouettes nues, entrelacées, fenêtre ouverte sur l'intimité d'une petite chambre verte offerte à l'ennui d'un regard perdu dans la nuit. Les corps dans un accouplement vétérinaire de leurs chairs ne font qu'exulter une jouissance des solitudes... une chute sans fin...

Le vent sèche la sueur de leurs corps exténués, il emporte les gémissements, la fumée des cigarettes, soulève une virgule de cheveux noirs sur l'angoisse incessante de celle déjà tournée de son côté du lit, l'air revanchard. L'autre l'ignore, continue de fumer à la fenêtre... 


...voit-il l'étrange étranger qui le regarde, au loin, comme s'il rencontrait pour la première fois son propre reflet, celui de sa solitude nocturne, fragmentée en un millier de fenêtres où la vie d'inconnus continue de passer sans lui ?


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