dimanche 19 octobre 2014

#223


Ne serait-ce qu'un je... celui qui parle et s'éteint ?
Écrire laisse juste une musique des traces venant hanter d'une voix la parole et la mort, leurs silence et solitude, telle est toute pro-nomination... énonçant un autre à l'horizon du monde finissant de chaque homme.

Ainsi ce poème de jeunesse de James Joyce :

Et je me suis assis parmi la foule turbulente,
Et j'ai assisté à leurs jeux impétueux; 
Je me suis redressé, j'ai hurlé fort, 
Aussi criard, aussi grossier qu'eux tous.

J'ai uni mon sort au vulgaire 
Et suis à jamais marqué de son baiser cruel, 
Humblement je vivais au hasard des aumônes, 
Buvant avidement les lies des bienheureux. 


Poésies 
(James Joyce Oeuvres tome 1 la pléiade nrf page 9)  



N'est ce pas Joyce qui nous le disait, en le disant à Eugène Jolas: 
" J'ai découvert que je peux faire tout ce que je veux avec la langue..." faisant apparaître sous la peau des mots "en un instant d'extase... le coeur sauvage de la vie"?

L'apatride


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