mardi 28 avril 2015

#302



le couchant illumine la ville et les toit-lampions
ses ruelles encombrées de buffles et moutons
odeurs de crottins et bouses rentrent à l'étable

le vieil homme inquiet de ne point entendre
le garçon et sa flûte au retour sur la bufflonne
reste appuyé devant le portail de branchages

cri du faisan avec les pousses de blé en fleurs
vers à soie en refuge sous les feuilles du mûrier

les paysans leurs bêches sur l'épaule arrivent
se retrouvent tranquilles parlent bruyamment
de ce réchauffement si précoce des saisons

songeur le vieux paysan se dit :
                             pourquoi ne pas se retirer ?


Wang Wei
avec les paysans de la rivière Wei
701-761

mardi 14 avril 2015

#299


Une angoisse ce matin m'a réveillé. Les draps était trempés de sueur. La sueur d'un rêve dont je me souviens à peine, si ce n'est qu'il vous concernait. Je me souviens vaguement de la fin... j'y ai vu votre visage. Il était recouvert de sable ocre et de peinture... les paupières closes, vous parliez tout bas... je ne savais pas si vous vous adressiez à moi ou si vous priiez... la langue que vous parliez était d'un autre temps... une langue froide, atonale, gutturale... elle n'avait aucun sens et pourtant je la comprenais... et je pleurais... sans savoir pourquoi... juste le son de votre voix, sa vibration se posait à l'endroit même où l'angoisse se loge dans le corps... 


Au réveil, je me suis rendu compte que j'avais confondu la date de votre anniversaire avec celle de la mort de Blanchot...




jeudi 2 avril 2015

#296



Dans une longue voiture. Mon ipad à la main. Je cherche à comprendre le texte que je suis en train d'écrire. Je vois à travers la vitre un homme en chapeau qui passe. On gare la voiture en double file. ll pleut des cordes. Je rejoins l'homme et lui demande ce que c'est que ****. Il m'explique à voix basse, lentement. Je le remercie et sors de la voiture. Il me dit que je ne peux partir ainsi, que je détiens là une information qui ne fait plus de moi un homme libre. Il tente même de me retenir par le bras. Je me dégage et me dirige vers des toilettes. J'ai très envie de chier. Sur le trône, j'ai la diarrhée. Mon ipad à la main, je relis mon texte tout en chiant. Soudain j'aperçois au dessus de la porte des toilettes un chapeau noir. C'est l'homme qui m'a suivi. Il entre. Je lui dis que je n'ai pas fini de chier. Il s'en fout, me prend par le col et me traine sur le sol le cul à l'air. Je cherche par tous les moyens à me remettre le pantalon. J'arrive dans une sorte de prison. J'entends le bruit de l'électricité. On me met un drap noir sur la tête. Malgré tout j'aperçois un homme en face de moi en train de se faire torturer. L'homme remarque que je regarde et me donne l'ordre de couvrir mon regard du drap noir. Je ne dois plus rien voir, sinon, représailles, torture. J'entends deux gardes parler. Ils discutent du rythme de sommeil des prisonniers. Je tente de dormir...