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Le livre serait-il aussi un personnage?  Celui qui écrit et ce qu'il produit se fondent l'un dans l'autre au point que ce qui est écrit devient lui même un véritable personnage... mais au fait qu'est ce qu'un livre? Un livre appartient-il à celui qui l'écrit?
Peut être pas... l'écriture serait-elle comme une véritable "exécution" de celui qui écrit? L'oeuvre non seulement échappe à celui qui la crée... mais en serait-elle son testament? En tout cas contrairement à ce qui peut se dire, écrire n'est pas une position confortable...

Écrire, est-ce écrire un testament?... son testament... mais pour qui? Léguer mais léguer quoi donc et à quelle adresse? 
Peut-être comme cela se dit dans la marine... écrire c'est jeter une bouteille de mots à la mer. Bonne terre bon vent... à tous les mots... souvent sans domicile ni patrie.
Voilà.

Selon le Larousse illustré, le mot "testament" signifie: 
-acte juridique par lequel une personne déclare ses dernières volontés et dispose de ses biens pour le temps qui suivra sa mort. 
-message ultime qu'un écrivain, un homme politique, un savant, un artiste, dans une œuvre, tient à transmettre à la postérité.

Oui, l'acte "d'écrire" comporterait quelque-chose d'ultime, de dernier vœu de la part de celui qui écrit... Il faudrait dire toujours plutôt..."s'écrire"...
S'écrire non pas pour un "écoutez-moi!" mais pour quelque-chose relevant de l'ordre d'un irrémédiable... "ne pas avoir à revenir dessus" quelque soit ce qu'on a entendu, ou lu...

C'est probablement cela.
Certainement oui.

Il me semble que le mot latin "testamentum" a pour racine testamen "témoignage"... ainsi si Paul Celan le soulève... "nul ne témoignerait pour le témoin"... l'écriture des nuits échouées remet peut-être en cause ce fait par son acte d'écrire avec Mr M. 
L'acte d'écrire témoigne pour lui même... Anh Mat serait-il le témoin de Mr M et Mr M le témoin de Anh Mat... seuls et même personnages de ce théâtre de l'Un? 


L'apatride






Commentaires

L'Un n'est-il pas le théâtre du multiple? Un testament, n'est-ce pas un souffle qui revient à soi, chargé des périls d'un autre?